A défaut d’avoir une réelle identité de jeu ou les meilleurs joueurs du monde, l’équipe de France ne doit pas pour autant s’avouer vaincue, et savoir utiliser ses force.
On ne va pas demander aux hommes de Raymond de donner une leçon de foot à l’Espagne, de montrer ce qu’est le Joga Bonito aux brésiliens ou d’apprendre le « toque » aux argentins, elle n’en est véritablement pas capable.
Elle n’est pas non plus capable d’imposer un style de jeu particulier comme ces équipes là, le travail tactique en amont du Ray n’étant pas loin de l’inexistant, tout comme les automatismes d’une équipe qui n’a que peu joué ensemble.
En revanche, à défaut de jouer, elle est capable (comme toute équipe) de faire déjouer, et de s’adapter à son adversaire.
Comme je le disais, inutile d’entrer dans le jeu des espagnols, c’est comme essayer de battre Nadal à son propre jeu, il fera tout un peu (voire beaucoup) mieux que vous, et ça finira en raclée (cf : Nadal-Verdasco 6-0, 6-1 à Monte Carlo, pourtant qui dirait que Verdasco est une brêle ?).
En revanche, vous aurez bien plus de chance de battre votre adversaire (en partant du principe que vous êtes sur le papier moins fort que lui) en analysant ses défauts et en frappant là ou ça fait mal. Pour continuer sur l’analogie avec le tennis, Nadal a souvent eu beaucoup de mal face à Blake, un mec qui lui est techniquement largement inférieur, mais qui savait que pour le battre, il fallait l’agresser (ce que Tsonga a su faire, il fut un temps).
A la poubelle donc les ambitions d’un jeu léché à la française, nous n’en avons actuellement pas les capacités. Tant que nous n’aurons pas une grande équipe, adaptons nous tout simplement à notre adversaire. Le réservoir de joueurs français est énorme, et si qualitativement, il est loin d’être au niveau des espagnols, argentins et brésiliens, il possède une plus grande diversité de profils, et donc une large palette tactique.
Les joueurs français ne sont pas les plus techniques, ni les plus physiques ou les plus rapides, loin de là, ils sont juste dans l’ensemble un peu bon partout, avec une bonne sélection, Raymond a donc de quoi s’adapter à tout style de jeu.
Prenez l’exemple de l’Inter, finaliste de la Ligue des Champions et tombeur de Barca. En terme de vécu collectif, on a vu mieux, et le Barca lui était évidemment supérieur techniquement comme collectivement, sur le papier. Cela n’a pourtant pas empêché les hommes de Mourinho (surtout à l’aller) de faire plus que jeu égal : bien en place, rapide en contre attaque, plus malin et plus accrocheur, ils ont marché sur le champion d’Europe pendant une heure, avant de tenir le score.
L’équipe de France (et le sport français en général) doit effectuer une mutation mentale. Non, il ne faut pas forcément être le meilleur pour remporter quelque chose. Les Pays-Bas de Cruijff n’ont jamais gagné la Coupe du Monde, l’équipe de France de 82 non plus, l’Argentine de 2006 s’est faite sortir par des allemands accrocheurs. Pourtant, ces équipes étaient en terme de jeu, la crème de la crème des compétitions auxquelles elles participaient, preuve que, ce n’est pas toujours celui qui joue le mieux qui gagne à la fin.
PS : On reviendra, à l’occasion de l’arrivée de la Coupe du Monde, sur ces différents visage que peut proposer l’Equipe de France.